On nous fait croire que janvier doit être exceptionnel. Que si on ne voit pas déjà des résultats, on a raté quelque chose. Cette année, j’ai décidé de ne rien attendre de spectaculaire. Ce n’est pas du renoncement. C’est un choix.
Peut-être que toi aussi, tu as senti cette pression au début du mois.
Cette impression diffuse qu’il faudrait déjà voir des résultats. Avoir avancé. Transformé. Optimisé quelque chose.
Comme si, au 15 janvier, un premier verdict tombait déjà. Et que si tu ne te sentais pas différente, plus forte, plus alignée, alors ça y est: 2026 serait foutue. Complètement ratée.
Cette année, j’ai décidé de ne rien attendre de spectaculaire. Pas en janvier. Pas tout de suite.
Ce n’est pas du renoncement. C’est un choix.

La pression silencieuse du « déjà »
On me pose souvent les mêmes questions.
« Alors, tes résolutions pour 2026? » (Dieu que je déteste ce mot. Résolution. Pfff.) « Tu as déjà commencé quoi? » « Tu en es où? » « Tu te sens comment depuis le 1er janvier? »
La réponse honnête serait: pareil.
Et en même temps, ce serait faux.
Depuis que j’ai lancé mon blog, bien sûr que quelque chose a bougé. Je me sens différente. Plus consciente. Plus engagée. Presque comme si j’avais ajouté quelques options à mon système interne.
(Un genre de cyborg, oui. J’exagère. Mais tu vois.)
Pourtant, j’ai toujours les mêmes doutes. Les mêmes fatigues au réveil. Les mêmes matins où je me demande si je ne suis pas un peu folle et si je vais réussir à tenir sur la durée.
Le calendrier a tourné. La vie aussi, un peu.
Mais pas de manière spectaculaire. Pas comme on nous laisse croire que ça devrait être.
Et c’est très bien comme ça.
Janvier n’est pas une ligne de départ
Pendant longtemps, j’ai cru que janvier devait être exceptionnel.
Qu’il fallait sortir des starting-blocks comme si une ligne invisible venait d’être tracée dans ma vie. Révolutionner le quotidien. Adopter quinze nouvelles habitudes. Devenir, enfin, cette version améliorée de moi-même que je poursuis depuis des années.
Mais janvier, ce n’est pas ça.
Janvier, c’est le mois qui suit décembre. Avec les mêmes matins difficiles. Les enfants qui traînent pour s’habiller. Le boulot qui redémarre fort. La fatigue qui n’a pas disparu par magie.
Janvier, c’est la vie. Pas un redémarrage miraculeux.
Ce que je fais vraiment en janvier
Cette année, j’ai décidé de faire autrement.
Je ne révolutionne rien. Je plante.
De toutes petites choses. Discrètes. Souvent invisibles.
Certains matins, je me réveille trente minutes plus tôt. Pas tous. Juste quand c’est possible.
Je bois un café en silence. Avant que la maison ne s’anime. Avant que la journée ne me réclame.
Parfois, je bouge dix minutes dans le salon. Une vidéo trouvée au hasard. Rien d’héroïque. Juste remettre mon corps dans l’équation, avant qu’il ne m’envoie un rappel plus brutal.
Parfois, j’écris trois lignes dans un carnet posé près du lit. Pas un journal intime. Juste quelques phrases. Sur ce qui m’a traversée la veille. Ou sur ce que j’ai besoin de déposer avant de dormir.
Il y a des matins où je déroule mon tapis. 45 minutes de yoga. J’en sors différente.
Et il y a des matins où je reste 20 minutes au lit. À regarder le plafond. Ou mon téléphone. Sans bouger.

Ce ne sont pas des habitudes. Ce sont des essais.
Essais, pas habitudes
Et c’est là toute la nuance.
Ce que je fais n’a rien de spectaculaire. Et surtout, ce n’est pas encore stable.
Ce sont des tentatives. Des gestes que j’essaie, puis que j’observe.
Certains jours, ça tient. D’autres non.
Parfois, je reste sous la couette et j’essaie de terminer Beloved, ce livre difficile de Toni Morrison. J’avance de trois pages. Ou je relis la même phrase cinq fois. Mais je reste là, avec les mots.
D’autres fois, je scrolle mon téléphone. Je reporte au lendemain.
Et je ne me flagelle pas.
Parce que janvier n’est pas un examen. Ce n’est pas un test de discipline ni un concours de volonté.
C’est un mois pour tâtonner. Pour écouter. Pour voir ce qui fait du bien, vraiment. Ce qui peut s’installer doucement. Ou disparaître sans bruit.
Essayer, ce n’est pas hésiter. C’est rester en lien avec soi.

Rester en chemin
Je n’optimise pas ma vie. Je l’écoute.
Je n’essaie pas de devenir quelqu’un d’autre. Je fais de la place pour celle que je suis déjà.
Si tu avances lentement, tu n’es pas en retard.
Si tu avances imparfaitement, tu n’es pas en train d’échouer.
Si tu es encore en train d’essayer, tu es exactement là où tu dois être.
Alors non, je ne suis pas différente le 15 janvier.
Je suis là. Encore. En mouvement doux. En chemin.
Et pour l’instant, ça suffit.
Et toi, où en es-tu?
Si ce texte t’a parlé, si tu reconnais cette pression du « déjà », cette fatigue de devoir être spectaculaire, je t’invite à rejoindre la lettre de Mademoiselle Maman.
Chaque semaine, je partage mes réflexions sur cette vie d’équilibriste. Entre ambition et douceur. Entre enfants et projets. Entre ce qu’on nous dit de faire et ce qu’on a vraiment envie de vivre.
Pas de miracle. Mais du réel. Des stratégies que j’expérimente et que je partage. Des outils pour arrêter de choisir entre carrière et famille. Pour construire, vraiment, sans s’épuiser.
merci du message qui fait effectivement baisser cette pression que on se met à chaque début d’année cette impression que le depart de janvier détermine le reste de l’année.pourtant le calendrier ne devrait pas nous commencer…loin de là