Photo 4 1er Article Blog 1024x683

Pourquoi j’ai recélébré mes 40 ans seule, 7 mois plus tard (Et c’est exactement ce dont j’avais besoin)

Peut-être que toi aussi, tu as laissé passer une date importante.
Un anniversaire.
Un projet.
Une version de toi.

Peut-être que tu t’es dit : plus tard.
Et que ce “plus tard” s’est installé confortablement, durablement.

Ce texte parle de ce moment-là.
Celui où tu comprends que personne ne viendra te donner la permission.

Le 18 avril 2025, j’ai eu 40 ans.
Quarante ans.

Quelques jours avant, j’avais déjà pris ma décision avec toute la sagesse d’une personne qui fuit ses responsabilités :
je ne suis pas prête.
Je verrai ça plus tard.
Avant la fin de l’année.
Promis.

Il n’y a aucune logique à attendre sept mois pour célébrer ses 40 ans.
Aucune.

Et pourtant, il y avait cette urgence sourde qui battait dans ma poitrine :
il fallait que je le fasse avant mes 41 ans.
Pour pouvoir enfin avancer.
Sans traîner ce boulet d’anniversaire non célébré comme un devoir de vacances jamais rendu.

Le jour J, je me suis levée avec cette pensée en boucle, comme une vieille chanson rayée :

Pff… tu n’as pas fait grand-chose à part suivre le mouvement, hein.
Boulot. Métro. Dodo.
Quelques pauses pour souffler. C’est tout.

Ce n’était pas wahou, pour moi.

Et pourtant, je suis bélier.
Un signe qui fonce.
Qui ose.
Qui défonce les murs à coups de tête s’il le faut (avec élégance, évidemment).

Alors, au fil des mois, une question est revenue.
Encore.
Comme un boomerang parfaitement lancé :

J’attends qui, en fait ?

J’ai des projets plein la tête.
Mis sur papier.
Rangés soigneusement.
Qui prennent la poussière à côté de mes livres, comme des promesses oubliées dans un tiroir.

Je me parle beaucoup à moi-même.
(C’est moins cher qu’une thérapie. Quoique.)

Et puis, un jour, je me suis dit :

Cocotte, tu vas te secouer. Pour de vrai.
Tu vas laisser le bélier prendre les rênes.
Arrêter de l’étouffer sous trois couches de peur, une couche de perfection et une tonne de “plus tard”.

Tu dois oser.
Tu VAS oser.

C’est comme ça qu’en novembre 2025, seule chez moi, j’ai recélébré mes 40 ans.
Avec sept mois de retard.
Et exactement le bon timing.


Le 18 avril 2025 : un bel anniversaire… que je n’ai pas vraiment vécu

Il faut quand même rendre justice à mes proches.
Sinon ils vont m’en vouloir.
Et franchement, je n’ai pas besoin de ça en plus. 

J’avais prévu quelque chose de très simple :

une série.
Puis Jane Eyre (que je lis pour la deuxième fois).
Un verre de vin.
Beaucoup de déni en dessert.

Cette année-là, je n’ai même pas posé ma journée.
J’ai travaillé.
Une journée ordinaire.

Mes collègues ont oublié.
Ou ne savaient pas.
Et honnêtement ?
Ça m’allait très bien.

Les messages ont commencé à arriver.
SMS. WhatsApp.
Des vagues de bienveillance qui me rappelaient que oui, j’avais franchi le cap des 40 ans.

J’avais la flemme de répondre.
Toute cette attention me fatiguait.

Et puis, en début de soirée, alors que je suis en ligne avec quelques parents au Cameroun et ma sœur au Canada, ça sonne à la porte.

Je n’attends personne.

J’ouvre.

C’est mon petit frère.
Avec un ami.
Les bras chargés de victuailles.

Il m’a organisé un anniversaire surprise.

J’ai pleuré.
Pas à cause du monde.
Ni de la vaisselle à venir 

Mais parce que j’ai vu le temps, l’énergie, l’amour investi.

On a ri.
On a mangé.
On a dansé.
J’ai soufflé mes bougies.

C’était une belle soirée.
Vraiment.

Mais quelque chose manquait.

Eux me célébraient.
Pas moi.

Je n’étais pas prête à célébrer cette femme de 40 ans que je ne reconnaissais pas encore dans le miroir.

Alors j’ai souri.
J’ai dit merci.
Et j’ai remis la vraie célébration à plus tard.

Encore une fois, j’attendais.

Le temps des rêves

Quelques jours plus tard, je récupère un colis.
Un cadeau de mon grand frère.

À l’intérieur :
un parfum de la maison Goutal.
Le Temps des Rêves.

Je reste figée.

Le temps des rêves.

Je pense à cette phrase de Paulo Coelho :

« Quand tu veux quelque chose, tout l’Univers conspire à te permettre de réaliser ton désir. »

Ce parfum est devenu ma signature.
Je le porte avec intention.
Chaque jour.

16 ans d’inaction et un article jamais publié

L’idée du blog remonte à 2009.
J’ai 24 ans. Mon fils vient de naître. Et avec lui, une urgence intérieure : dire quelque chose.

J’ai toujours aimé écrire.
Des poésies qui dorment dans des carnets.
Des textes jamais publiés.
Des mots retenus, par peur d’être vue.

À l’époque, je ne suis pas mariée.
Je vis au Cameroun.
Et je vois très bien les regards. Ceux qui jugent sans parler.
Ceux qui pèsent une vie en silence.

Je deviens, aux yeux de certains, “celle qui a fauté”.
La mère célibataire. Le statut prononcé comme une tare.

J’avais même un titre pour ce premier article :
La pécheresse bourgeoise.
Provocateur, oui.
Nécessaire, aussi.

Publié ?
Jamais.

Parce que pendant des années, une petite voix m’a accompagnée.

Tu n’es pas assez.
Pas assez légitime.
Pas assez prête.

Alors j’ai accumulé.
Des diplômes.
Des expériences.
Des preuves.

Comme si l’extérieur pouvait, un jour, faire taire ce doute intérieur.

Spoiler :
ça ne marche pas.

À chaque étape franchie, la voix changeait de forme.
Elle devenait plus subtile. Plus exigeante.

Oui, mais…
Oui, mais pas encore.
Oui, mais les autres font mieux.

Alors j’ai attendu.
Encore.

img 2137

Il n’y a pas eu de déclic. Juste un processus.

Un mariage qui s’effondre.

Une reconstruction lente.
Une manager qui voit en moi ce que je refuse encore de voir (Merci Pauline).
Une thérapeute qui m’aide à démêler ce qui est moi et ce qu’on m’a appris à croire, à porter sur mes épaules (Merci Laurence).

Petit à petit, je comprends.

Que personne ne me donnera la permission.
Que c’est maintenant.
Ou jamais.


evoto

Ma vraie célébration

En novembre 2025, seule chez moi, j’ai recélébré mes 40 ans autrement.

Un tête-à-tête honnête.
Sans téléphone.
Sans fuite.

J’ai regardé la femme que je suis devenue.
Je me suis félicitée.
J’ai noté ce que je veux améliorer.
Sans violence.
Avec tendresse.

Et je me suis fait une promesse.

Ne plus me trahir.

Pourquoi je raconte cette histoire ici

Si j’écris tout ça, ce n’est pas pour parler de moi.
C’est parce que je sais que beaucoup de femmes vivent ce même décalage silencieux.

Sur ce blog, j’écris pour celles qui sentent qu’il est temps d’arrêter d’attendre.
Pas pour devenir quelqu’un d’autre.
Mais pour se choisir, enfin.

Si cette histoire te parle,

si elle fait écho à quelque chose chez toi,
laisse- moi un mot.
Même un simple merci. Ça compte.

Et si tu connais une femme qui a besoin de lire ça,
partage.

Bienvenue dans ce premier pas.

— Armelle

 Découvre mon histoire complète — Page À propos

9 réflexions sur “Pourquoi j’ai recélébré mes 40 ans seule, 7 mois plus tard (Et c’est exactement ce dont j’avais besoin)”

  1. Merci! Vraiment! Merci d’avoir écrit à cœur ouvert! Merci d’avoir enfin partagé ta si belle plume!🥹🤗😘🫂
    J’ai hâte de te lire tout au long de l’année! 💞❣️

  2. Ambassa A Mariam

    Cc, un grand merci pour ton expérience qui pourra et va je l’espère influencer et parler à plusieurs personnes ( hommes, femmes, enfants) en bref, un exemple de courage à suivre.
    Je suis fière de toi et j’aimerais te relire très bientôt.🥰😍😘

  3. C’est un délice de te lire Armelle ! On se sent bien dans ton blog qui va, je le pense et je l’espère, parler à une bonne partie d’entre nous, maman ou pas, active ou pas, diplômée ou pas…Merci.

  4. Merci belle plume. J’ai fêté mes 40 ans en août. J’ai longtemps cru que vouloir du temps pour moi faisais de moi une mauvaise maman mais au final plus j’ai du temps pour moi mieux je les aime. 😘

  5. Laëtitia Biwole

    Très belle plume ! J’ai aimé chaque mot car je me suis reconnue sous plusieurs aspects.
    Merci de m’encourager davantage à sortir de ma zone de confort!
    Tu as toujours été une personne très positive, va de l’avant et continue à te choisir en prenant soin de toi 🥰

  6. Armelle, merci pour ces mots. Je n’ai pas encore 40 ans mais j’ai l’impression de me voir en te lisant. Plusieurs projets en tant, business plan rédigés mais je ne me sens toujours pas prête, surtout étant maman de deux garçons. Merci pour ce cœur ouvert.

  7. Je découvre tes talents de rédactrice et qu’est-ce que ça fait plaisir de te voir dans ton élément.
    Merci pour chacun de tes mots et pour la qualité des textes. Je n’ai pas encore 40 ans mais je me reconnais dans les doutes , les peurs , les crises de légitimité alors merci de me spoiler et me dire que ça ne s’arrête pas avec l’âge.
    Bref, merci d’être toi et de nous partager un peu de tout ça , hâte de lire les prochains textes. On est ensemble ! 🫡

  8. Merci, Armelle, pour ce beau texte, cette authentique et sincère mise à nu. Ton récit, porteur d’une expérience de lâcher prise et d’enracinement à soi, est un encouragement pour toutes et tous.

    Bonne continuation et meilleurs vœux en ce début d’année 2026.

    Ottou Ottou

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *