Éducation filles garçons : pourquoi elles portent tout

Dans l’éducation filles garçons, on ne nous a pas appris à déléguer. On ne nous a pas appris à déléguer.
On nous a appris à gérer. Tout.

Et ça commence tôt.

Ce qui m’agace profondément, c’est cette différence de traitement qu’on a encore entre les filles et les garçons.

Dans la même famille.
Sous le même toit.
Avec les mêmes parents.

Éducation filles garçons : une différence qui commence très tôt

Quand j’étais plus jeune, on m’a appris très tôt à laver mes petites culottes.

J’ai un frère. Un an d’écart.

Je ne l’ai jamais vu laver les siennes.
Je dis bien jamais.
À la maison en tout cas.

Alors oui, parfois il passait la serpillère.

Mais les filles… en faisaient toujours plus.

Comme si c’était normal.
Comme si c’était attendu.

C’est là que l’éducation filles garçons commence à se dessiner, sans qu’on s’en rende compte.

Ce qu’on apprend aux filles sans le dire

Chez ma grand-mère, à la campagne, on allait tous aux champs.

Et ça, j’adorais.

On participait tous.
On transpirait ensemble.

Mais après…

Les filles allaient en cuisine.

Et là, il n’y avait plus d’égalité.

On découpait.
On nettoyait.
On pilait.
On cuisinait.

Pendant que les garçons étaient posés, comme des pots de fleur. Safous ou goyaves entre les mains.

Je les revois encore.

Assis autour de la tombe de notre grand-père.

À discuter.
À rigoler à gorge déployée.

En attendant 16h.

Parce qu’à 16h, il y avait le foot.

Le dimanche, c’était sacré.

Et moi…

Je fuyais (ne me jugez pas).

Mes cousines et moi, on s’enfuyait pour aller jouer au handball.

Je ne jette surtout pas la pierre à ma grand-mère.

Les meilleures vacances de ma vie, c’était chez elle.

Elle a fait comme on lui a appris.

Et c’est bien ça le sujet.

On fait comme on nous a appris.

Même quand on pense être différente.

Le jour où j’ai compris que je reproduisais

Je m’en suis rendue compte un jour.

Et j’ai été bousculée.

Je prenais de temps à autre, la fille d’une amie très proche, Marie-Gabrielle.

Que vous connaissez déjà à force).

Donc, DM, Une petite pleine de vie.

Du caractère. De l’énergie.

Entourée de trois garçons.

Donc forcément… elle prenait sa place (avec tous mes encouragements).

À table, elle mange.

Elle a bon appétit.

Elle en redemande.

Une fois.
Deux fois.

Et moi…

Je lui dis, naturellement :

“Ma fille, une demoiselle ne mange pas beaucoup comme ça.”

Franchement…

Quand j’y repense…

J’ai eu honte.

Littéralement.

Parce que je ne lui ai pas dit :
“Tu vas te rendre malade.”

Non.

Je lui ai parlé de ce qu’une demoiselle est censée être.

Et là, j’ai compris.

Je n’ai jamais dit à l’un de mes fils :

“Un jeune homme ne mange pas comme ça.”

Jamais.

J’ai essayé de rattraper.

Comme on peut.

Avec des mots.

Mais ce n’était pas qu’une phrase.

C’était un réflexe.

Et ce réflexe… je ne l’ai pas inventé.

On me l’a appris.

Et comme beaucoup de femmes, je l’ai reproduit.

Sans m’en rendre compte.

Pourquoi les hommes ne font pas toujours leur part

Pendant longtemps, je faisais tout.

Quand je dis tout, c’est vraiment tout.

Je me levais le matin.

Aspirateur.
Serpillère.

Et eux…

Installés tranquillement.

Ils levaient les « pattes ».

Pour que je passe l’aspi.

Oui, oui.

Ils levaient les pieds. Puis ils reposaient.

Je ne parle pas d’enfants de 5 ans.

Je parle d’enfants en âge de passer l’aspirateur chez eux.

Et moi, je faisais.

Parce que j’avais l’habitude.

Parce que je voulais que ce soit bien fait.

Parce que je pensais gagner du temps.

Résultat ?

Je faisais tout.

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Penser à tout. Même quand personne ne voit.

Et eux… faisaient de moins en moins.

Quand je vivais en couple, j’ai fait pareil.

Sans même m’en rendre compte.

J’ai donné des habitudes à mon voisin de lit de l’époque.

Parce que je prenais beaucoup de place.

Trop de place même.

La place de celle à qui on a appris que la maison repose sur elle.

Et après…

On se plaint.

On dit que les hommes ne font rien.

Mais en réalité ?

Ils se sont adaptés.

À nous.

À notre manière de tout faire.

De tout anticiper.

De tout contrôler.

Bien sûr, il y a l’éducation aussi.

Beaucoup d’enfants ont grandi en levant les pieds pendant que leur mère faisait le ménage.

Sans jamais se lever.

Ce n’est pas qu’ils ne savent pas faire.

C’est qu’on ne leur a jamais demandé.

Et parfois…

On ne leur a jamais laissé la place.

Éducation filles garçons et charge mentale : ce qui commence dans l’enfance

On ne devient pas une femme débordée à 30 ans.

On le devient bien plus tôt.

Quand on apprend à faire passer les autres avant soi.

Quand on apprend à aider sans qu’on nous demande.

Quand on apprend que tenir la maison, c’est le postulat de base.

C’est souvent là que l’éducation filles garçons s’ancre sans qu’on s’en rende compte.

Selon des données de l’observatoire des inégalités, en 2022, 68 % des femmes déclarent faire le ménage ou la cuisine tous les jours après le travail. L’article complet ici: https://www.inegalites.fr/inegalites-taches-domestiques-femmes-hommes

Ce que je change aujourd’hui avec mes fils

Aujourd’hui, j’apprends encore.

Avec mes 3 fils.

J’apprends à déléguer.

J’apprends à ne pas crier quand le lave- vaisselle est mal rempli.

J’apprends à ne pas repasser (tout le temps) derrière.

J’apprends à accepter que ce ne soit pas parfait.

C’est inconfortable parfois.

Mais tellement nécessaire.

Je le fais pour moi.

Je le fais aussi pour eux.

Parce que je ne veux pas éduquer des garçons qui attendent.

Je veux élever des hommes qui participent.

Des hommes présents.

Des hommes capables.

Des hommes responsables.

Des gentlemen.

À la maison.

Et ailleurs.

Repenser l’éducation filles garçons aujourd’hui

Je sais que cet article peut déranger.

Mais prends-le comme une réflexion.

Pas comme une attaque.

On fait toutes comme on peut.

Avec ce qu’on a reçu.

Mais on peut choisir autre chose.

Alors je te laisse avec une question.

Qu’est-ce que tu es en train de transmettre… sans t’en rendre compte ?

Et si aujourd’hui tu ressens ce poids…

Ce n’est peut-être pas parce que tu n’es pas organisée.

C’est peut-être parce qu’on t’a appris à tout porter.

Et ça…

ça peut changer.

Si tu veux sortir de cette charge invisible, reprendre le contrôle sans t’épuiser, j’ai créé quelque chose pour toi.

Le kit Reset Organisation qui arrive bientôt.

Un premier pas.

Pas parfait.

Mais réel.

Et déjà, ça change tout.

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